Point de conjoncture 25 février 2009

Retour à l'accueil

Valeurs vertes : vers une nouvelle segmentation du marché ?

Depuis le début de l'année 2009, nos fonds environnement ont commencé à afficher une meilleure résistance par rapport aux indices, dans un contexte toujours marqué par une forte volatilité. La question du financement, qui a pesé sur nos valeurs de l'environnement, en 2008, continue à se poser, en 2009, pour une certaine typologie d'acteurs alors que pour d'autres, l'accès au crédit ne constitue plus un problème majeur.

Une nouvelle segmentation du marché semble aujourd'hui se mettre en place :

  • les sociétés jeunes ou de petite taille éprouvent, en raison de leur moindre visibilité, de plus en plus de difficultés à accéder aux financements traditionnels à un coût acceptable. C'est le cas notamment de petits acteurs français (Cervin, Théolia…) et de certains acteurs chinois du solaire (JA Solar, China Sun Energy, Yingli) dont les introductions en bourse sont récentes.
  • les entreprises situées en amont de la filière : fournisseurs de cellules et panneaux solaires, producteurs de turbines éoliennes notamment. Ces sociétés souffrent d'un gonflement des stocks lié au décalage de certains projets de leurs clients exploitants et d'une baisse de leur pouvoir de négociation. Nous restons donc concentrés sur les leaders technologiques tel que Sunpower aux Etats-Unis qui affichent une bonne résistance depuis le début de l'année.
  • Les «utilities vertes» (exploitants) constituent aujourd'hui les plus fortes pondérations de nos portefeuilles. En effet, leurs business models demeurent très solides avec une génération de cash garantie par les installations existantes. Dans l'hypothèse où ces sociétés ralentiraient leurs investissements en 2009, leur rentabilité à court terme n'en serait que meilleure. EDF Energies Nouvelles en France, Iberdrola en Espagne et EDP Renovaveis au Portugal figurent parmi nos favoris.

Fin 2008, nous avions anticipé cette tendance en nous recentrant sur les valeurs offrant une « croissance défensive », ce qui contribue à l'évolution plus favorable constatée en début d'année. Plus que jamais, en 2009, investir dans l'environnement requiert prudence et sélectivité. Tout l'enjeu est de profiter d'un momentum qui a rarement été aussi favorable au secteur tout en évitant les risques évoqués ci-dessus. En effet :

  • les niveaux de valorisation, historiquement bas, n'intègrent pas la croissance potentielle de l'activité dans les années à venir ! Les dernières publications de Seché Environnement et EDF Energies Nouvelles sont particulièrement rassurantes à cet égard…
  • les prochaines publications de résultats devraient voir s'accentuer la dé-corrélation entre valeurs cycliques et valeurs non cycliques en raison de la dégradation des perspectives économiques ;
  • l'attrait spéculatif du secteur est lié aux concentrations prévisibles dans le contexte de crise économique. Dernier en date, le rachat en cours d'Endesa par Enel…
  • la détermination des politiques à faire de l'environnement un pilier de la relance économique et de la création d'emplois et à préserver leur indépendance énergétique a été réaffirmée. Dans le cadre de « l'American Recovery and Reinvestment Act of 2009 », le Président Obama vient d'annoncer une série de mesures très encourageantes : le prolongement de la PTC (Production Tax Credit) sur 3 ans, possibilité pour les projets éoliens d'opter soit pour la PTC soit pour l'ITC qui offre un crédit d'impôt immédiat, monétarisation de l'ITC sous la forme d'une subvention versée par le Secrétariat au Trésor.

Malgré l'amplification de la crise financière et l'émergence d'une crise sociale, l'environnement reste une priorité de long terme. Nous demeurons cependant extrêmement prudents dans le contexte de marché actuel et maintenons notre positionnement défensif.