Point de conjoncture 12 juin 2009

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Le rebond, plus modéré, enregistré au mois de mai, a été l'occasion, pour nos fonds environnement, de sur-performer sensiblement les indices (au 31.05.2009) :

  • Performance Environnement : + 7,62% contre + 3,62% pour l'Eurostoxx50
  • Performance Environnement International : + 8,00% contre +1,62% pour le MSCI World.

Un climat globalement plus favorable pour le secteur de l'environnement

Le mois de mai a été marqué par le retour à un environnement plus propice à la reprise des investissements. Après celle de Vestas en avril, l'augmentation de capital de Shanks (traitement des déchets) au UK (70 millions euros) a constitué un signal positif par rapport à la problématique de l'accès aux financements et de la sécurisation des bilans.

Si nos fonds environnement ont pâti, dans la première partie du mois, de leur orientation volontairement défensive, la qualité des résultats publiés par les utilities vertes en portefeuille, s'est traduite par une forte appréciation de certains titres.

Exemples :

  • dans le domaine des énergies renouvelables : Abengoa en Espagne et EDP Renovaveis en Italie
  • dans le traitement des déchets : Hera (Italie)

L'envol des cycliques renouvelables en Chine

Depuis le mois d'avril, nous avions commencé à nous repositionner de façon prudente (moins de 10% du portefeuille) sur les valeurs cycliques du secteur des énergies renouvelables (constructeurs de turbines éoliennes et de panneaux solaires). Nous avons ainsi pu profiter, sur le mois de mai, du fort rebond des cycliques et notamment des acteurs chinois dopés par les récentes mesures prises par le gouvernement. L'évocation d'un futur plan de 400 milliards de dollars (soit l'équivalent du plan de relance chinois) en faveur des énergies renouvelables fait suite au triplement des objectifs dans le domaine de l'éolien (de 30 GW à 100 GW à l'horizon 2020 contre 10 aujourd'hui). La Chine concrétise ainsi sa volonté de s'affirmer comme un leader mondial dans ce domaine. Alors que 40% des panneaux solaires sont aujourd'hui produits en Chine, cette part pourrait atteindre 70% dans les prochaines années.

Exemples :

Suntech, JA Solar et China Power New Energy ont vu leur cours doubler sur les deux derniers mois !

Un marché qui prise à nouveau la croissance

L'engouement actuel pour les valeurs de l'environnement traduit une évolution dans le comportement des investisseurs qui, sur la base des perspectives 2010/2011 publiées récemment, recommencent à valoriser la croissance future de ces sociétés. Le secteur revêt donc un double attrait :

  • aspect défensif : la solidité de la valeur d'actif des acteurs du bas de chaîne (exploitants) constitue un plancher à la baisse tandis que la récurrence des cash flow offre une bonne visibilité.
  • valeurs de croissance : la reprise des investissements et les taux de croissance affichés pour les prochaines années obèrent en partie les problèmes récurrents liés à l'accès au financement, au sur-stockage et à la baisse des prix pour les acteurs du haut de chaîne (constructeurs).

Notre stratégie de gestion

Dans ce contexte, nous restons focalisés sur notre stratégie défensive à moyen terme. A court terme, la bonne liquidité de nos portefeuilles nous autorise à saisir des opportunités sur les valeurs les plus cycliques du secteur et nous avons, pour ce faire, relevé notre exposition actions aux environs de 82%. Nous restons néanmoins très prudents sur les valeurs cycliques du haut de chaîne car les prochaines annonces de résultats pourraient bien mettre en évidence une distorsion entre les perspectives et la réalité économique de ces entreprises, en 2009, si la conjoncture économique venait à se dégrader.

Perspectives : fragilité du rebond

Optimistes à court terme dans l'attente du « point haut », nous demeurons très réservés quant à la pérennité de ce rebond. Selon nous, les solutions apportées à la crise financière ne font que reporter le problème. En pratiquant la fuite en avant dans l'endettement, on traite en quelque sorte « le mal par le mal » car ces mesures auront tôt ou tard un coût : augmentation de la pression fiscale, inflation ou dévalorisation monétaire, déjà effective pour le dollar. L'ensemble de ces facteurs pourrait conduire à une confirmation de la hausse observée sur les taux longs qui serait catastrophique pour l'endettement des états et des ménages et un frein majeur à l'activité économique et au rebond des marchés actions.

La montée graduelle du chômage constitue également une préoccupation car, même en cas de desserrement du crédit, elle pèsera sur les possibilités de relance de la consommation, les individus privilégiant l'épargne de précaution.

Les annonces récentes (G20 et Stress test) et l'amélioration de certains indicateurs ont réussi, fort heureusement, à ramener la confiance. Mais la psychologie des marchés résistera –t –elle à la réalité des chiffres à venir ? Si, à court terme, le risque de crise systémique est écarté, la crise économique n'est pas terminée.

Développement durable : une dynamique irréversible

Comme l'a démontré une étude récente de l'AIE (Agence Internationale de l'Energie) pour le G8, le secteur de l'énergie reste solidaire de l'évolution de la conjoncture économique dans la mesure où, fait historique, la consommation d'électricité devrait baisser en 2009 : – 3,5% au niveau mondial dont – 2% en Chine et – 5% pour l'OCDE. Mais cette étude pointe également du doigt, le fait que :

  • la flambée du prix du pétrole est inévitable lorsque la demande d'électricité repartira en raison de l'insuffisance actuelle des investissements de renouvellement des capacités de production (-21%), source de déséquilibres futurs entre l'offre et la demande ;
  • le retard pris sur les investissements dans les énergies alternatives en 2009 (-38%) en raison notamment des problèmes de financement devra être rattrapé pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 internationaux. Pour atteindre le scénario à 450 ppm, les états devraient multiplier par 6 les investissements déjà consentis dans les plans de relances verts ;
  • la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité mondiale à l'horizon 2030 devrait considérablement augmenter (de 18% en 2006 à 40%) toujours dans l'hypothèse du scénario à 450 ppm.

Le degré de mobilisation politique internationale sur le thème de l'écologie rend ces scénarios de plus en plus crédibles.

Confirmation du virage US - cliquer pour en savoir plus

Limitation des émissions de CO2 dans l'industrie automobile, proposition au Congrès d'objectifs contraignants pour les émissions de CO2 : les Etats-Unis vivent une véritable révolution culturelle, de bonne augure pour le Sommet de Copenhague fin 2009 !

Par ailleurs, le Sénat devrait valider, dans les semaines à venir, la loi sur l'Energie qui viendra entériner les mécanismes de subvention aux énergies renouvelables (ENR) prévus par le plan Obama. L'accélération des investissements aux US montre que cette nouvelle dynamique a été largement anticipée par des acteurs tels que First Solar (solaire) et American Superconductor Corp (éolien) mais elle profite également aux leaders européens, tels que Vestas, pour lesquels les Etats-Unis constituent un énorme relais de croissance.

Elections européennes : l'effet de rattrapage va jouer à plein - cliquer pour en savoir plus

Le succès des écologistes aux élections fait de l'environnement non seulement un outil de relance économique et de création d'emplois mais un enjeu politique majeur pour nos dirigeants. Si l'Europe a toujours été moteur en matière d'environnement, certains pays, comme la France, souffrent d'un retard important dans le domaine des eco-industries que le raz de marée vert pourrait inciter à combler... A titre d'exemple, sur 80 programmes liés aux énergies marines renouvelables dans le monde, seuls 5 sont français et on ne compte aucun parc éolien off shore de taille significative en France! L'engagement de la Caisse des dépôts (180 M euros alloués à l'éco-innovation) et la Programmation Pluri Annuelle des Investissements (PPI) dans les ENR présentée récemment par Jean-Louis Borloo vont dans le bon sens gageons que l'élan démocratique permettra de passer à la vitesse supérieure...

Dernière étude du MIT : de l'urgence du changement - cliquer pour en savoir plus

Pour finir, deux ans après les scénarios du GIEC sur le réchauffement climatique, le MIT vient de publier un rapport, passé relativement inaperçu dans la presse malgré son importance capitale. Le MIT estime à 5,2°C le réchauffement moyen de la température de surface en l'absence de réglementation mondiale sur les GES alors que les études réalisées, en 2003, par le MIT tablaient sur une augmentation de 2,4°C. En prenant en compte une évolution des réglementations, on atteindrait 2,5°C, soit au-delà du seuil des 2°C à partir duquel les impacts du réchauffement seront irréversibles. Les électeurs ont raison de se mobiliser sachant que les dix prochaines années seront décisives pour lutter contre cet autre facteur de crise systémique majeure...