Billets d'humeur
Le fil vert
L'essentiel de l'actualité environnementale
Point de conjoncture 9 avril 2009
Retour à l'accueilGérer l'incertitude post G20
Si le G20 apporte, à moyen terme, quelques lueurs d'espoirs de recentrage de l'économie vers une croissance plus durable, il n'apporte, à court terme, pas de vraies réponses à la crise que nous traversons :
- Les fondamentaux de l'économie restent fortement dégradés et les perspectives sont régulièrement revues à la baisse. Les dernières publications de l'OCDE prévoient, pour 2009, un recul du PIB mondial de -2,7% et une contraction du commerce international de -13,2% assorti d'un taux de chômage supérieur à 10% aux US et dans la zone euro.
- La question des actifs toxiques reste toujours en suspend, ce qui continue à bloquer le marché du crédit. Et les banques ne sont toujours pas sous contrôle des états.
- La fuite en avant de l'endettement, par substitution de la dette publique à la dette privée, hypothèque la croissance de demain en raison de l'inévitable pression fiscale à venir.
- Si la question des solidarités Nord Sud a, à juste titre, été placée au centre des débats sur la future gouvernance mondiale, la question de la pauvreté dans les pays riches n'a pas été abordée. L'évolution du modèle capitaliste vers un meilleur partage entre profits et salaires reste un sujet tabou alors qu'il est l'une des clés du changement et de l'endettement des ménages les plus défavorisés...
- Enfin, la question monétaire, au cœur des déséquilibres de l'économie mondiale, n'a pas été adressée. La création d'une devise de référence internationale est indispensable pour concrétiser la mise œuvre d'une globalisation partagée et mettre fin à l'hégémonie usurpée du dollar.
La fragilité du rebond observé le jour de la publication du communiqué du G20, traduit bien la persistance des incertitudes... Dans ce contexte, un rebond plus significatif est bien sur toujours possible, mais nous ne pourrons faire l'économie de décisions plus radicales pour ramener la confiance sur des bases durable.
Privilégier les secteurs défensifs dans un contexte d'incertitude
Les secteurs de l'environnement et la santé devraient donc continuer à bénéficier du contexte actuel en raison de leur caractère défensif. Mais la plus grande sélectivité s'impose, sur fonds de crise financière, malgré un cadre globalement très porteur pour ces deux thématiques !
L'approche défensive que nous avons impulsée dans nos fonds depuis la fin de l'année 2008 a commencé à porter ses fruits :
- La pondération des bigcaps dans nos portefeuilles a été augmentée et nous continuons à privilégier, dans les énergies renouvelables les acteurs de taille significative en bas de chaîne (utilities vertes et développeurs) moins sensibles aux problèmes de financement et bénéficiant d'une meilleure visibilité. Rappelons que le ralentissement de certains projets d'investissement contribue à renforcer la rentabilité de ces sociétés et le cash disponible à court terme. Les dernières publications de résultats nous confortent dans nos choix : Plambeck, EDP Renovaveis par exemple...
- Nous avons récemment renforcé nos pondérations sur le secteur de l'eau au travers de sociétés telles que Acéa (Italie) et Severn Trent aux UK dans l'attente de nouvelles réglementations. Tant au Sommet de Davos qu'au Forum d'Istanbul, la question de l'eau s'impose comme l'un des enjeux majeurs pour une croissance durable et solidaire (voir nos derniers billets d'humeur).
La plupart de nos fonds enregistrent d'ailleurs des performances sensiblement supérieures aux indices depuis le début de l'année : - 3% pour Performance Environnement, - 2% pour Performance Environnement International, - 3% pour Performance Vitae, + 4,5 % pour Champlain Sérénité (au 8.04.2008).
Relance verte et nouvelles réglementations : une visibilité renforcée
Une récente étude publiée par HSBC évalue à 323 milliards de dollars la part de l'environnement dans les plans de relance au niveau international. Cette manne profitera principalement au secteur de l'efficience énergétique, que nous couvrons avec des sociétés telles que Enernoc et de nouveaux acteurs qui apparaissent sur le marché, à la frontière des mondes du logiciel et de l'énergie. L'eau, les déchets, la dépollution et les énergies renouvelables sont les autres grands bénéficiaires de ces subventions.
La Chine, un des principaux acteurs de cette « relance verte », consacre 34% de ses investissements à l'environnement soit 200 milliards de dollars ! Et cette impulsion s'accompagne d'une évolution très favorable des réglementations. Une subvention de 3 dollars par Watt installé vient tout récemment d'être votée dans le solaire qui correspond à la prise en charge de plus de 50% du coût d'installation ! Des incitations sans équivalent en occident. Du coup, l'objectif de capacité installée devrait quintupler sur 2009. Un démarrage en trombe pour l'industrie solaire naissante qui prend le relais d'une activité éolienne florissante : + 46% de croissance par an annoncés !
La Chine et les Etats-Unis, constituent des relais de croissance majeurs pour une industrie du renouvelable jusque là dominée par l'Europe (Allemagne, Espagne, pays du Nord...). La transition énergétique est aujourd'hui en marche et tous les acteurs, au niveau mondial, devraient en profiter. Plus que jamais, Financière de Champlain est bien positionnée pour en profiter, toujours avec prudence...