Point de conjoncture 26 janvier 2011

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2011 : la revanche des utilities ?

Force est de constater qu'en 2010, le secteur de l'environnement a été l'une des premières victimes de l'instabilité du contexte macro-économique et de la rigueur budgétaire en particulier. Alors que l'indice Eurostoxx 50 termine l'année sur un retrait de ? 5,85%, l'indice solaire (Solex) perd 19%, l'indice l'éolien (BWind) : - 11,5% et l'indice utilities : - 14%!

Mais cette traversée du désert a également permis un assainissement et une maturation du secteur des énergies renouvelables dont les leviers ne sont plus seulement aujourd'hui réglementaires (par le biais des subventions) mais aussi économiques. La baisse continue du prix des panneaux solaires (près de 20% en 2010 et 30% en 2009) a rendu cette énergie de plus en plus compétitive. C'est pourquoi nous continuons à miser massivement sur le secteur solaire au travers des leaders chinois (Trinasolar...) et américains qui seront les premiers bénéficiaires du doublement attendu des capacités installées en 2011 aux Etats-Unis et du dynamisme des nouveaux relais de croissance, comme l'Italie, dont la puissance installée a été multipliée par 10 en 2010 !

Après trois années de baisse, succédant aux 3 années « Green » (2005 à 2007), nous pensons que le secteur de l'environnement devrait entrer progressivement, en 2011, dans un nouveau cycle haussier. L'injection massive de liquidités par les banques centrales devrait continuer à soutenir la valeur des actifs qui se traduit, en 2011, par une hausse du prix des matières premières et des énergies fossiles en particulier. La hausse du prix du pétrole répond à des causes structurelles.

Selon la dernière étude de l'IEA (World Energy Outlook 2010) : « Il faut s'attendre à une hausse du prix du pétrole afin d'équilibrer les marchés pétroliers». D'un côté, la demande reste soutenue dans les transports et les pays émergents notamment. De l'autre, l'offre, après avoir fortement reculé en 2009, ne progresse que faiblement, malgré la hausse des prix, en raison des contraintes qui pèsent sur l'investissement. Selon Fatih Birol, chef économiste de l'IEA, « les prix du pétrole entrent dans une zone dangereuse » en raison de l'inflation très rapide de la facture pétrolière : + 70 Md de dollars en 2010 pour la seule Union Européenne, soit le déficit budgétaire cumulé de la Grèce et du Portugal !

Cette nouvelle donne pourrait amener les énergies renouvelables à la parité avec les énergies fossiles bien avant la date prévue : 2011 pour l'Italie, 2012 pour le Japon, 2013 pour l'Allemagne selon Mizuho Securities...

Nous pensons que les premiers gagnants, dans cette nouvelle configuration, seront les producteurs d'électricité verte. Particulièrement attaquées en 2010, en lien avec les crises souveraines, des valeurs telles que Iberdrola Renovables en Espagne et EDPR au Portugal sont valorisées respectivement entre 20% et 30% au dessous de leur valeur d'actif ! Elles ont d'ailleurs connu, sur la fin de l'année 2010, un rebond de 15% lié à l'annonce, par le gouvernement espagnol, du caractère non rétroactif des baisses de tarifs annoncées en 2010.

Les utilities traditionnelles devraient également bien se comporter pour trois raisons : - les renégociations tarifaires, particulièrement importantes en 2009 et 2010, pèseront moins sur le secteur en 2011 ? le secteur des déchets profitera directement de la hausse du coût des matières premières et du redémarrage industriel ? les investissements massifs réalisés dans les pays émergents, en 2006, devraient entrer dans une phase de retour sur investissement en 2011. Nous sommes particulièrement positifs sur Véolia.

Enfin, notre diversification dans le secteur des infrastructures durables devrait nous permettre de capter la croissance des pays émergents au travers de placements défensifs comme CAF et Ansaldo... Le secteur de l'efficience énergétique et les LEDS en particulier (Cree, Veeco, Soitec...), bénéficiera, quant à lui, d'un cadre réglementaire porteur imposant leur substitution aux ampoules traditionnelles (un marché estimé entre 7 à 8 Md euros). Ces deux secteurs représentent aujourd'hui près de 20% du portefeuille de Performance Environnement.

Pour capter ce potentiel, notre objectif de gestion en ce début d'année est triple :

  • Renforcer notre présence sur le terrain afin de baser nos décisions sur une connaissance approfondie de l'entreprise et d'anticiper les évolutions de contexte réglementaire: chaque gérant rencontrera en moyenne 10 sociétés par mois ;
  • Doubler cette analyse d'un point de vue extra-financier qui permet d'anticiper d'autres types de risques et de détecter d'autres sources d'avantage concurrentiel. Notre objectif est d'avoir 100% de notre gamme actions ISR à fin 2011 ;
  • Conserver notre esprit pionnier en nous focalisant sur les petites et moyennes valeurs encore mal identifiées par le marché mais positionnées sur des niches d'avenir comme Auréa par exemple.

Nos vœux pour 2011 : redonner à la thématique de l'environnement une place à la hauteur des enjeux économiques, géopolitiques et humains qu'elle représente pour les années à venir...