Le mot du Président
Après beaucoup d’incertitudes et d’espoirs, l’année 2009 s’est terminée sur une note plus positive malgré les nombreuses interrogations concernant l’année 2010.
Une certaine stabilisation de l’économie, due à la résistance de la consommation et à l’impact des plans de relance, a permis à un optimisme mesuré de refaire surface. Pourtant, d’importants défis restent à l’ordre du jour pour la planète, pour la population mondiale, et donc pour l’économie. Ces défis sont nombreux et vont devoir, pour la plupart, trouver des réponses à court terme.
On peut citer les enjeux liés à l’endettement, à la financiarisation extrême de l’économie, à la gouvernance et aux désordres monétaires. Mais afin d’éviter qu’une crise plus globale encore, ne succède à la crise financière, il convient dès maintenant d’anticiper les enjeux fondamentaux de l’énergie, des rapports nord-sud, de la protection de la biodiversité, du vieillissement de la population, des problèmes alimentaires et de la gestion de l’eau.
Ces défis, laissés de coté ou abordés sur la pointe des pieds par la majorité des pays développés en 2009, n’inquiètent pas tant faute de solutions, (elles existent et sont pratiquement connues de tous) mais plutôt par le fait que les résoudre implique de repenser complètement notre vision de la société et notre façon de vivre en société. Ne plus penser et agir à travers un prisme politique et économique de court terme mais agir et penser en ayant comme guide l’utilité sociale, sociétale et environnementale à long terme.
Sans cette prise de conscience de la part de la société civile et des grands décideurs, la croissance durable à laquelle nous aspirons tous n’est tout simplement pas possible. Comme toujours, malgré les conservatismes et les peurs, l’intérêt général finira par prévaloir.
Notre ambition est de contribuer, à notre niveau, à la diffusion dans le monde de la finance, de ces nouvelles valeurs et par nos placements, de réconcilier l’homme et la finance.
Conscients des inerties, nous pensons que c’est du rapprochement de deux mondes que tout semble opposer- la finance d’une part et l’univers associatif et solidaire d’autre part – que pourra naître un nouveau modèle de développement. La stratégie de partenariat que nous avons initiée, en 2009, avec Nef Capital Ethique Management et, tout récemment, la Fondation Prince Albert II de Monaco, s’inscrit dans cette logique qui doit être explorée car comme nous l’explique A. Einstein :
« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».
Souhaitons que cette année, placée par l’ONU sous le signe de la biodiversité, soit aussi celle de l’affirmation d’une finance plurielle !
Jean-François DESCAVES
Président et Directeur de la Gestion